Le World Cleanup Day vient de s’achever. Du 16 au 20 septembre, des entreprises ont mobilisé leurs équipes pour ramasser les déchets abandonnés dans les rues, les parcs ou aux abords de leurs locaux. Les gants sont rangés, les bilans remontés, les photos partagées.
Et maintenant ?
Une fois passés ces grands temps forts environnementaux qui ont le méritent de sensibiliser, rassembler et donner l’occasion d’agir concrètement, pourquoi ne pas inscrire l’engagement de votre entreprise dans la durée ?
Pour votre prochaine action RSE pourquoi ne pas décider de soutenir une association environnementale en lui apportant une aide financière, du matériel, des compétences ou par la mobilisation de votre réseau ?
Soutenir une association environnementale : une action RSE à part entière
La démarche RSE d’une entreprise commence nécessairement par l’amélioration de ses propres pratiques : réduction des déchets, politique d’achats, consommation d’énergie, mobilité ou encore impact de ses activités.
Mais sa responsabilité ne s’arrête pas à ses portes.
Chaque entreprise fait partie d’un territoire et d’un écosystème. Elle travaille avec des fournisseurs, des clients, des collectivités, des associations. Ses équipes peuvent aussi avoir envie de participer à des projets d’intérêt général.
Dans ce contexte, le soutien à une association environnementale offre une autre manière d’agir. L’entreprise donne davantage de moyens à une structure dont la mission consiste précisément à sensibiliser, mobiliser et mener des actions sur le terrain.
Cette démarche ne dispense évidemment pas l’entreprise de travailler sur ses propres impacts environnementaux. Elle vient les compléter.
L’enjeu n’est donc pas de déléguer sa responsabilité à une association, mais de construire une relation, un partenariat où chacune des parties apporte ses ressources et ses compétences.
S’engager ne signifie pas seulement faire un don
Dès que l’on évoque le soutien aux associations, c’est l’argent qui vient en premier à l’esprit.
Les ressources financières restent indispensables : une association en a besoin pour fonctionner, coordonner ses bénévoles, produire des outils ou développer ses actions. Mais une entreprise dispose de bien d’autres ressources qu’elle peut partager.
Apporter un soutien financier
Le don, l’adhésion ou le mécénat offrent différentes possibilités de soutien financier.
Chez World Cleanup Day France, les entreprises peuvent notamment adhérer à l’association ou devenir mécènes. Leur contribution aide l’association à faire vivre ses actions et à développer le mouvement.
L’entreprise peut aussi proposer une cagnotte solidaire à ses salarié·es, qui restent bien sûr libres d’y participer.
Mettre des compétences à disposition
Les savoir-faire de l’entreprise peuvent parfois avoir autant de valeur qu’une contribution financière.
Communication, informatique, ressources humaines, gestion de projet, graphisme, logistique, droit… Une compétence banale pour une entreprise peut être rare ou difficile à financer pour une association. Plusieurs entreprises accompagnent déjà World Cleanup Day – France par le mécénat de compétences.
Le mécénat de compétences permet précisément à des salarié·es de consacrer une partie de leur temps de travail à une mission associative. World Cleanup Day France propose ainsi aux entreprises de contribuer à certaines de ses activités par ce biais.
Ce type de soutien crée une relation différente : l’entreprise ne se contente plus de financer une action, ses équipes y apportent directement leur expertise.
Donner du matériel utile
Certaines entreprises disposent aussi de ressources matérielles qui peuvent répondre à des besoins très concrets.
Dans le cadre des opérations de ramassage, World Cleanup Day France recherche par exemple des gants, des sacs, des pinces ou des trousses de premiers secours.
Un point mérite toutefois l’attention : les besoins de l’association doivent guider le don. Le mécénat en nature ne consiste pas à vider un stock devenu inutile, mais à fournir du matériel dont l’association a réellement l’usage.
Faire jouer son réseau
Le réseau d’une entreprise représente également une ressource.
Ses canaux de communication peuvent faire connaître une initiative auprès des collaborateur·rices, mais aussi auprès des clients, fournisseurs ou partenaires. Son carnet d’adresses peut faciliter certaines mises en relation. Son influence peut inciter d’autres acteurs à rejoindre une mobilisation.
World Cleanup Day France invite d’ailleurs les entreprises à relayer le mouvement auprès de leurs réseaux internes et externes.
Le soutien prend donc des formes très diverses : argent, compétences, matériel, temps ou capacité à mobiliser.
Faire participer ses équipes sans leur imposer l’engagement de l’entreprise
Le partenariat avec une association peut aussi ouvrir de nouvelles possibilités d’engagement aux salarié·es.
Le cleanup en donne un bon exemple. Pendant quelques heures, des collègues qui ne travaillent pas forcément ensemble se retrouvent sur le terrain autour d’un objectif concret : collecter les déchets abandonnés dans un espace donné.
Cette expérience rend visible un problème environnemental que nous finissons parfois par ne plus remarquer. Elle crée aussi des échanges entre les participant·es et permet de passer du discours à l’action.
Mais tout le monde n’a ni les mêmes envies ni les mêmes possibilités.
Une personne préférera participer à un ramassage. Une autre proposera quelques heures de son expertise. Une troisième contribuera à une cagnotte. Une quatrième relaiera une initiative auprès de son réseau.
La mobilisation des équipes ne suppose donc pas une forme d’engagement unique.
La démarche gagne au contraire à proposer plusieurs portes d’entrée. Chacun et chacune peut ainsi choisir librement la façon dont il ou elle souhaite contribuer.
Comment choisir une association en cohérence avec sa politique RSE ?
Un coup de cœur pour une cause peut donner envie d’agir. Il ne suffit cependant pas toujours à construire un partenariat durable.
Quelques questions permettent de vérifier que la collaboration a du sens des deux côtés.
La mission de l’association rejoint-elle les priorités RSE de l’entreprise ?
Une entreprise déjà engagée sur la prévention des déchets, l’économie circulaire ou la sensibilisation environnementale trouvera plus facilement des points de convergence avec une association qui travaille sur ces enjeux.
Quelles ressources l’entreprise peut-elle réellement apporter ?
Un budget ? Des compétences ? Du matériel ? Un réseau ? Du temps salarié ? Cette réflexion aide à construire une contribution réaliste plutôt qu’une opération spectaculaire mais difficile à renouveler.
Quels sont les besoins réels de l’association ?
Cette question devrait occuper une place centrale dans les échanges. Un partenariat utile répond d’abord aux besoins du terrain, et pas seulement aux objectifs de communication de l’entreprise.
L’engagement peut-il s’inscrire dans le temps ?
Un soutien régulier, même modeste, peut se révéler plus précieux qu’une opération ponctuelle très visible.
Comment les équipes peuvent-elles participer ?
Certaines associations proposent plusieurs formes d’implication : actions de terrain, mécénat de compétences, bénévolat, sensibilisation ou relais de leurs campagnes.
Cette cohérence en amont réduit le risque d’un partenariat de façade et donne de meilleures bases à une relation durable.
Une association n’est pas une caution RSE
Une photo d’équipe, quelques sacs de déchets collectés et un post LinkedIn ne constituent pas une politique environnementale.
Et ce n’est d’ailleurs pas ce que l’on demande à un cleanup.
Une action ponctuelle peut jouer un rôle très utile : elle sensibilise, mobilise et donne de la visibilité à un enjeu. Le problème commence lorsqu’une entreprise lui attribue une portée qu’elle n’a pas ou lorsqu’elle utilise son soutien à une association pour afficher une image responsable sans questionner ses propres pratiques.
Une association n’est pas un label RSE que l’on appose sur son entreprise. C’est un partenaire que l’on choisit de soutenir.
La communication autour du partenariat mérite donc, elle aussi, une certaine mesure.
L’entreprise peut expliquer ce qu’elle a fait, communiquer des résultats lorsqu’elle en dispose et préciser les raisons de son engagement. En revanche, les grandes déclarations sur son « impact positif » paraîtront peu crédibles si elles reposent sur une seule opération.
La crédibilité vient aussi de cette juste proportion entre les actions réellement menées et la manière dont l’entreprise en parle.
Comment s’engager aux côtés de World Cleanup Day France ?
Le World Cleanup Day constitue le temps fort le plus visible du mouvement. Mais l’action de l’association ne se limite pas à quelques jours en septembre.
Les entreprises qui souhaitent organiser un ramassage de déchets peuvent s’appuyer sur l’expérience et les ressources de World Cleanup Day France.
Notre association met également à leur disposition des guides et outils pour préparer leur cleanup.
Les structures qui souhaitent aller plus loin peuvent bénéficier de prestations d’accompagnement adaptées aux entreprises : formation à l’organisation d’un cleanup, présence d’un·e bénévole sur le terrain selon les disponibilités, bilan personnalisé ou encore atelier de sensibilisation à l’impact environnemental des mégots.
Mais la journée de ramassage de déchets ne représente qu’une forme d’engagement parmi d’autres.
Une entreprise peut également :
- adhérer à World Cleanup Day France ;
- faire un don ou devenir mécène ;
- proposer des compétences professionnelles ;
- fournir du matériel utile aux actions ;
- relayer les mobilisations auprès de son écosystème ;
- proposer à ses salarié·es différentes façons de s’impliquer.
Il n’existe donc pas un modèle unique de partenariat avec World Cleanup Day France.
Une question peut guider la réflexion : qu’est-ce que notre entreprise peut apporter qui soit réellement utile au mouvement ?
Faire durer l’engagement au-delà du mois de septembre
Les grandes journées de mobilisation ont une force particulière. Elles attirent l’attention, créent de l’énergie et donnent envie d’agir.
Mais le calendrier RSE peut vite se transformer en succession de rendez-vous : une journée ici, une semaine thématique là, puis une nouvelle cause quelques mois plus tard.
Une autre approche est possible : créer de la continuité entre ces temps forts.
Le World Cleanup Day se déroule en septembre. Le mouvement, lui, se construit toute l’année.
L’adhésion, le mécénat, le partage de compétences, le don de matériel ou la mobilisation d’un réseau permettent à l’entreprise de prolonger l’élan d’une journée et de contribuer dans la durée à une action collective.
Car en matière de RSE aussi, l’engagement ne se mesure pas seulement à une action ponctuelle.
Il se construit dans le temps.
Article rédigé par Christine Laugier
Rédactrice SEO et bénévole WCD-F