Pourquoi la meilleure leçon d’écologie ne se fait pas en classe ?
Chaque année, des écoles, des collèges et des lycées participent au World Cleanup Day. L’organisation d’une collecte de déchets avec ses élèves permet d’aller bien au-delà d’une simple opération de nettoyage : l’écologie devient une expérience concrète, visible et immédiatement compréhensible.
« Madame, c’est dégoûtant, il y en a partout ! »
Le collégien brandit sa pince de ramassage. Au bout, un emballage de chips à moitié enfoui dans l’herbe.
Quelques mètres plus loin, deux camarades remplissent déjà leur deuxième sac. Pendant ce temps, une autre élève compte les mégots retrouvés devant l’arrêt de bus situé à côté du collège.
Cela fait moins d’une heure que la classe a quitté la salle de cours et pourtant le regard des élèves commence déjà à changer.
Ils traversent cet endroit tous les jours et ils passent devant ces déchets sans vraiment les voir. Ce matin-là, en revanche, ils les regardent autrement.
Et si c’était ainsi que commencent les prises de conscience les plus durables ?
À l’école, les élèves entendent parler de pollution, de biodiversité ou de développement durable. Ils connaissent souvent les grands enjeux environnementaux. Ils savent qu’il faut trier ses déchets ou éviter le gaspillage. D’ailleurs, toutes ces notions font désormais partie des programmes scolaires définis par le ministère de l’Éducation.
Mais entre savoir et comprendre, il existe parfois un écart. Alors, quoi de mieux que de se confronter au réel ? Parce qu’une fois sur le terrain, les déchets n’apparaissent plus comme une simple notion étudiée dans un manuel scolaire. Ils sont là : dans les haies autour de l’établissement, au bord du terrain de sport, le long du chemin emprunté chaque matin.
Lorsque les sacs commencent à se remplir, les questions arrivent souvent naturellement :
« Qui a laissé tout ça ? »
« Ça fait combien de temps que c’est là ? »
« Ça va où après ? »
Très vite, le débat naît presque tout seul. L’enseignant n’a plus besoin de convaincre. La réalité parle d’elle-même.
Une activité qui mobilise bien au-delà de la classe
Le World Cleanup Day ne mobilise pas seulement les élèves.
Dans de nombreux établissements, l’initiative rassemble les enseignants, les éco-délégués, les personnels éducatifs, les parents et parfois même les associations ou collectivités locales. Cette dimension collective constitue l’une des grandes forces du World Cleanup Day, il permet de faire communauté autour d’un projet commun : ramasser les déchets à proximité ou dans l’établissement scolaire.
Pendant quelques heures, chacun passe ainsi à l’action, agit concrètement pour améliorer son environnement immédiat.
Très vite, les résultats sont visibles.
À la fin de la collecte, les élèves se regroupent autour des sacs remplis. Et, souvent, la quantité de déchets récoltés en si peu de temps ne manque jamais de les surprendre.
La réaction est presque toujours la même : « On a vraiment ramassé tout ça ici ? »
Cet effet de surprise et les questionnements qu’il soulève constituent un formidable point de départ pour poursuivre en classe, de façon plus théorique. Et notez que la séquence pratique de ramassage des déchets facilite grandement le travail de l’enseignant. Les élèves ont pris conscience du problème, l’expérience du cleanup leur permet d’en prendre la mesure.
Une expérience qui développe le pouvoir d’agir
Face aux enjeux environnementaux, certains jeunes peuvent avoir le sentiment que les problèmes sont trop vastes ou trop complexes. Ils peuvent alors penser que tout cela les dépasse, qu’ils sont impuissants face à l’immensité de la tâche.
Une collecte de déchets avec ses élèves permet justement de changer cette perception. Certains découvrent à cette occasion la puissance de l’action collective.
Un autre atout de ce type d’action pédagogique : les élèves constatent immédiatement l’impact de leur action.
Ils réalisent que :
- le lieu est plus propre ;
- le résultat est visible ;
- l’effort collectif a porté ses fruits.
Ainsi, cette expérience nourrit ce que le psychologue canadien Albert Bandura appelle le sentiment d’efficacité personnelle : la conviction que l’on peut agir, même à son échelle.
Dans un contexte où l’éco-anxiété touche une partie de la jeunesse, ce message revêt une importance toute particulière. Le World Cleanup Day ne dit pas aux élèves : « Regardez tout ce qui va mal. »
Au contraire, il leur montre qu’ils peuvent participer à une solution, qu’il est possible d’agir pour arrêter de subir.
Comment organiser facilement une collecte de déchets avec ses élèves
Beaucoup d’établissements hésitent encore à organiser une collecte de déchets avec leurs élèves, par crainte d’une organisation complexe.
Pourtant, l’association World Cleanup Day France met à leur disposition des ressources pédagogiques, des guides pratiques et des outils adaptés aux différents niveaux scolaires.
Les équipes éducatives ne sont pas seules pour mener à bien leur projet.
L’association accompagne les établissements qui souhaitent participer et peut les aider à dans la conception et la préparation du cleanup.
De cette façon, les enseignants peuvent intégrer plus facilement cette action pédagogique dans une démarche d’éducation au développement durable, de l’insérer dans le projet d’établissement ou de l’ajouter aux diverses actions portées par les éco-délégués.
Une expérience dont les élèves se souviennent longtemps
Avec le temps, certaines leçons s’effacent, et c’est bien normal. En revanche, les expériences concrètes, elles, laissent une trace plus durable, plus profonde.
Quelques semaines après une collecte de déchets menée avec leurs élèves, les enseignants constatent fréquemment que les élèves regardent leur environnement autrement. Ils repèrent davantage les déchets abandonnés, mais questionnent et changent aussi certaines de leurs (mauvaises) habitudes. Peu à peu, ils deviennent plus attentifs à ce qui les entoure et plus sensibles à la question des déchets.
Ce changement de regard constitue sans aucun doute l’un des acquis les plus précieux. Les jeunes prennent la mesure des dégâts causés par les déchets sur l’environnement. Ils comprennent aussi que le meilleur déchet est celui qui n’est pas produit, constatent que le collectif facilite le passage à l’action tout en renforçant son efficacité.
Au-delà des kilos de déchets ramassés, le World Cleanup Day possède une vertu essentielle : former des citoyens plus conscients de leur impact et de leur capacité à agir.
Une collecte de déchets avec ses élèves peut ainsi devenir bien plus qu’une opération de nettoyage : une véritable expérience pédagogique.
Rendez-vous le 20 septembre lors du World Cleanup Day !
Enfin, pour prolonger cette journée de ramassage des déchets, participez à l’atelier conçu pour les écoles : « dessine ton Cleanup en 1 planche BD ».
Pour vous aider, construisez la maquette de votre BD à l’aide de l’outil mis à disposition ici !
Et pour aller plus loin dans la création artistique, participez aussi au World Cleanup Art.
Article rédigé par Christine Laugier
Rédactrice SEO et bénévole WCD-F